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Changement d’attitudes (Simon 04/04/2008)
Ce que ça sonne bon, je suis tout de suite positive ! Et de dire ça, même si ce n’est pour l’instant qu’une intention qui doit encore être réalisée, fait toute la différence.
Bon, je commence par m’expliquer. Nous sommes de retour au Guatemala après des superbes semaines de relax, des festins, de retrouvailles, de famille et amis, de resourcement et de déconnexion en Suisse. C’était nécessaire de recharger les piles, de mettre au clair (voir un peu plus clair) les pensées et de s’amasser tout le courage, car nous avons su, qu’à notre retour, il y a « toute une situation » à régler.
Nous nous avons mis d’accord avec EIRENE et CODECA d’entrer dans un processus de médiation. L’idée est d’aller vers la compréhension mutuelle, de comprendre pourquoi l’autre a fait ce qu’il a fait, sur la base de quelle réflexion (réaction) et avec quelle intention. Si à la fin de ce processus nous allons continuer le travail auprès de CODECA, ou si nous nous quittons on accord (ou désaccord) n’est, à priori, pas important. Afin de garder ouverte toutes les options, CODECA a suspendu la décision sur notre renvoie.
Ça sonne très beau tout ça, mais il faut encore pouvoir le vivre. Pour nous ça signifiait de retourner au Guatemala pour aller vers l’incertain. Disons à fin février nous étions encore autant incertain sur notre future qu’au début de janvier, quand nous avons appris de notre renvoie. Toute la différence avec janvier: la médiation. Et justement cette médiation, par son esprit de ne pas rechercher un but prédéterminé, réduit le petit peu de certitude à quelques semaines, au temps que prend la médiation. Alors on a mis toute notre attention sur la médiation qui devait commencer au plus vite, vers fin février. Malheureusement le médiateur identifié c’est absenté pour deux semaines, puis nous avions eu de la peine à prendre contacte avec lui, puis il y avait la Semana Santa (Pâques ; tout le pays bouge pour voir la famille et d’aller se rafraîchir dans la mer ou dans une rivière). Puis nous avions enfin pu fixer une date qui convenait à tout le monde, mais jusqu’au jour J moins 1 nous n’avions pas encore fixé l’heure. Et quand tard au soir du J-1 l’heure a été discuté, ils se sont rendus compte quelle ne convenait plus à tout le monde. Maintenant nous sommes au début du mois d’avril et nous savons seulement que pour la semaine prochaine nous allons peut-être avoir la première rencontre, peut-être !
Chaque jour est attendre, ne pas trop prévoir, car on pourrait avoir une rencontre de médiation pour tel jour, ce qui est prioritaire, alors attendre, se préparer, puis la déception, qui petit à petit se transforme en frustration. Ça fait maintenant six semaines, et encore rien !!
Placé cette situation spécifique dans le contexte plus large, ne donne pas plus à ce réjouir. D’abord on nous a renvoyé, puis un ami est tombé gravement malade, puis on nous a volé une voiture sous menace de pistolet, puis on ne savait pas si on pouvait aller en Europe ou pas jusqu’à une semaine avant le départ, puis déconnexion pour quelques semaines, oufff. De retour au Guate on ne savait pas trop quoi faire, on n’a pas beaucoup de travail, personne nous donne du boulot, des jours d’attente, puis une mauvaise nouvelles de santé dans la famille, puis je me tord la cheville au foot et me retrouve cloué aux béquilles pour trois semaines.
Comme je crois fortement que le positive provoque du positive, je me suis rendu compte, peut-être pour la première fois dans ma vie, que ça marche du même genre quand c’est négatif. Petit à petit j’ai perdu de l’énergie, de la motivation, de l’espoir, le petit quelque chose à l’horizon qui te fait aller en avant. Petit à petit j’étais mou et lâche et sans animation pour rien.
Heureusement j’ai Marieke et heureusement elle est sensible. Nous nous avons soutenus mutuellement pour très longtemps, mais de plus en plus c’était difficile, car nous deux se retrouvaient dans la même ‘misère’. Petit à petit l’un n’avait plus l’énergie de tirer l’autre en avant. Puis ce manque d’énergie et d’enthousiasme nous a fait tomber dans un stade de léthargie, qui n’est pas créatrice d’énergie non plus.
Je me souviens plus quelle a été la goûte qui a fait déborder la vase. Un jour Marieke était triste, dès qu’elle se levait. N’ayant pas vraiment une raison précise lui fâchait, lui rendait très irrité. L’après midi nous avons alors eu une dispute, qui nous a fait rendre compte, que depuis trop longtemps nous n’avons plus communiqué ensemble, qu’on a écarté nos déceptions pour ne pas ‘infecter’ d’avantage l’autre, qu’on cachait nos frustrations, qu’on les ont écartés pour ne pas les admettres ni à l’autre ni à soi-même. Comme l’autruche, la tête dans la sable.
Je ne me suis pas rendu compte, mais j’étais en bon train d’aller vers une dépression. Et pire encore de me renfermer avec mes sentiments sur moi. De tout bouffer et garder au fonds du ventre. J’ai eu besoin de ce crie de Marieke.
Puis le soir Marco (ensemble avec Carmen en visite chez nous) nous a demandé : « Et alors, comment ça continue pour vous ? » Ma réponse n’était plus : ‘Je ne sais pas, on verra, on attend’, mais « Changement d’attitude !! ». La situation c’est de la merde, mais c’est qu’une situation, ce n’est pas toute la vie. Changement d’attitude. La vie est belle, et nous pouvons l’influencer pour qu’elle le soit vraiment. Nous ne sommes plus les victimes de la situation, mais nous prenons nos vies entre nos propres mains.
Comme j’ai dit au début, ce n’est pour l’instant qu’une intention, ça fait que deux jours que l’ère du changement d’attitude a commencé, mais pour finir sur une note positif ; j’entends siffler les oiseaux le matin et je sens comment mes piles se rechargent.

Informez-vous (Simon, 06/09/07)
Mardi après-midi et mercredi nous avons fait de la campagne politique. Pour une fois nous avons activement participés dans une activité politique pour le parti des anciens révolutionnaires de Guatemala, la URNG (Unidad Revolucionaria Nacional Guatemalteca), que CODECA appuie. Mais, c'était d'abord un service pour toute la population, avant d'être purement du pro-selitisme. "Averigue donde le toca votar", informez-vous ou vous devez voter!
On est à quelque jours de l'élection présidentielle (du 9 septembre) et la plus part des gens ne savent pas ou il doivent aller voter. Je devrais peut-être expliquer en quelques mots comment fonctionne le système de votation ici au Guate. Tout d'abord il faut s'inscrire comment personne qui veut voter, ça s'appelle "empadronar". Il faut faire ça une fois dans sa vie, alors on reçoit son numéro "de empadronamiento". Si on déménage, alors c'est recommandé d'actualiser ce numéro, si non, on se verra obliger d'aller voter dans son ancienne commune. Pour les élections il y a des différents centres de votation. A Mazate il y aura 5. Surtout dans les écoles (c'est pour ça que les écoles ont déjà fermé lundi passé, jusqu'au 15 septembre pour directement faire le pont avec la fête nationale) et les salle communales. Alors toute la question est, au quel centre il faut aller. On peut tenter sa chance et choisir le lieu de la dernière élection. Mais si il y a plus d'une vingtaine de table d'élections par centre, alors quelle table choisir? A chaque table il y a une liste avec tous les numéros "de empadronamiento" qui peuvent voter à cette table. Si on n'y figure pas sur cette liste, les heures d'attente dans la file étaient pour rien ou comme ils disent ici "por gusto", pour le plaisir. Pire encore, personne ne vous pourra dire ou est votre centre et votre table! Bon, bien sûre, l'instance officielle d'organisation des élection vous dira tout autre chose. Ils ont organisé des stands d'informations. Une vingtaine, tous dans des grands centres commerciaux et tous dans la capitale!! Il existe aussi le site internet, tout facile à utiliser. Mais, combien de gens vont faire ces achats dans les centres commerciales, sauf la classe moyenne et plus aisée et combien ont accès à internet, si déjà ils ont écouté de ce moyen de communication et d'information?

Alors, on s'est assis avec nos ordinateurs durant une journée et demi sous un parasol à une petite table en plastique au centre de Mazate. Les gens sont venus, nous ont donnés leur carte d'identité ou est écrit ce numéro "de empadronamiento", on a introduit ce-lui dans un programme et écrit les résultats de la recherche sur un papier (attaché à une petite pub pour la URNG ;-) ). Je pense qu'en deux jours nous avons informé quelque cinq cents personnes. Pas tous ont trouvé leur joie. Plusieurs d'entre eux ont été envoyés à un centre de votation à seulement deux heures de routes de Mazate, même après avoir actualisé leur numéro. Mais au moins ces gens savent maintenant ou ils doivent aller voter, et se peuvent éviter quelques heures de files.

Ouvrir un compte bancaire au Guatemala
Il y a un peu près quatre mois que nous sommes arrivés à Mazatenango. Déjà durant la première semaine Marieke et moi nous sommes allés dans une banque pour ouvrir un compte bancaire. La vie n’est peut-être pas aussi chère qu’en Suisse, mais même ici on ne vit pas seulement d’amour !! Malheureusement nous ne pouvions pas ouvrir un compte, vu qu’on avait seulement un visa touristique et puis de touriste ne peuvent pas posséder des comptes bancaires. La solution : demander une permission de résidence temporaire au ministère de migration pour une durée de deux ans. Selon de bonnes sources on savait que ça pouvait prendre entre deux mois et deux ans pour recevoir ce papier. Heureusement une confirmation du ministère de migration qui prouve que la demande est en cours est déjà suffisante pour la banque.
Le coup sur le morale n’était pas aussi grande. On avait de toute façon prévu de demander cette permission, si non on devait quitter le pays tous les 3 mois pour renouveler notre visa.
Peu après on a fait notre premier voyage à la capitale pour nous renseigner à l’ambassade suisse et néerlandaise sur le processus de demande de cette permission de résidence temporaire. Je dois dire honnêtement que j’était pas mal déçu du service de l’ambassade. Ils savaient qu’on devait aller au ministère de migration, mais ne pouvaient nous dire ce que nous avions besoin.
Avec une petite peur d’attaquer la bureaucratie guatémaltèque nous avons alors visités le ministère de migration. On passe un contrôle (passeport, sacs et poches), est envoyés à un guichet d’information, lequel t’envoie à un deuxième guichet d’information, ce-lui te fait monter à un troisième guichet d’information au deuxième étage, qui t’envoie enfin à une personne qui peut t’aider. Cette personne te passe un papier dans les mains et voilà, la partie compliquée peut commencer.
Le stand de hot-dog du ministère des affaires étrangères
L’extrait judiciaire dont j’avais besoin je pouvais demander par e-mail en Suisse. Malheureusement je devais encore confirmer la demande par poste (très très pratiques !!). L’extrait a été encore sellé par le Département fédérale des affaires étrangères Suisse avant de m’être renvoyé au Guatemala. Plus de deux mois plus tard j’ai pu aller à l’ambassade Suisse pour laisser confirmer l’extrait sellé. La secrétaire à l’ambassade nous a encore fait savoir qu’on avait besoin d’un timbre du ministère des affaires étrangères. Ca nous a pas mal étonné d’apprendre qu’on ne l’achète pas au ministère, mais chez un vieillard à côté d’un stand de hot-dog juste devant l’entrée du ministère. Et vraiment, quand nous y sommes allés, il y avait un vieux monsieur assis sur un tabouret en plastique sur le trottoir. Quand il nous a aperçu, il nous a fait signe et avec un grand sourire il a fait sortir un paquet de timbre de ces poches et avec une petit incompréhension nous avions pensés réglé le point extrait judiciaire.
Je ne veut même pas vous ennuyer avec toutes les autres gouttes de sueur qu’on a perdues dans les rues et bureaux de Guatemala pour rassembler les autres papiers. Finalement en était content quand nous avions nos dossiers complets. Nous sommes allés alors pour la x-ième fois à Guatemala Ciudad, directement au ministère de migration. Heureusement le fonctionnaire était « puro venado », un Mazateco, et après quelques mots sur la chaleur dans cette ville tout est allé très vite. A l’exception de l’extrait judiciaire tous les papiers, plus que 80, étaient bon, légalisé, confirmé, sellé et en ordre. Malheureusement on manquait la reconfirmation par le ministère des affaires étrangères de l’extrait judiciaire confirmé, légalisé et sellé. A l’ambassade on nous a parlé du timbre, mais pas qu’on avait encore besoin d’un reconfirmation. Ça signifiait qu’on devait retourner à la capitale deux jours plus tard pour aller chercher la reconfirmation. Ce fut ainsi et on est maintenant les heureux propriétaires d’une confirmation qui prouve que notre demande pour une permission de résidence temporaire est en cours et on peut ouvrir un compte bancaire.
Des cobays
Peu après, en faisant des comis, on a passé à la banque que nous avons choisit entre temps. Sans avoir les papiers avec nous, on s’est dit d’aller vérifier quels papiers la banque à réellement besoin de nous. Et soudainement on ne devait plus que montrer une copie de nos passeports, une facture d’électricité ainsi que payer 200 Quetzales comme dépôt de base. Le lendemain on voulait alors et enfin ouvrir notre compte. Malheureusement une autre personne nous a attendu que la veille et du coup on avait encore besoin de deux personnes de références ainsi qu’une attestation de travail de CODECA. L’après-midi il y avait un autre employé que le matin et il fallait, en plus de l’attestation, encore montré les contrats de travail. Notre superbe confirmation de demande de la résidence temporaire personne ne la voulait voir. Et à la fin de la journée ce n’était même plus possible d’ouvrir un compte bancaire. Le chef d’agence nous a quand même promis de faire des téléphones avec ces supérieurs à la centrale de la banque au Guatemala Ciudad et nous a priées de revenir le lendemain. Et soudainement on avait tous les papiers et feu vert pour ouvrir un compte bancaire. « Excusez-nous, on a jamais fait ça auparavant. Il n’y a presque pas d’étrangers ici à Mazate. Mais heureusement nous avions pu apprendre pour le future !»
C’est beau, c’est beau d’être un cobaye ! Ça ne serait même pas si grave. Mais vu que tout le monde te parle toujours avec une certitude absolue et ne te dit jamais qu’il ne sait pas, nous nous sommes rapprochés des limites de notre patience. Mais le verre n’est pas à moitié vide : n’est-ce pas magnifique de connaître ou sont ses limites de patience??!!

Quand ça tremble (14.06.07)
Ca fait un peu près une semaine et je venais juste de me lever. Ma seul pensé se dirigeais vers un bon café bien fort de ma petite cafetière italienne que j’ai emmené depuis la Suisse. Puis d’un coup j’ai commencé à entendre des légers claquements répétitifs, métal sur métal. J’ai tourné ma tête vers la direction d’où venais le bruit, vers la fenêtre. Dans la cours devant la maison j’ai vu un pot avec de l’eau. De l’eau qui formait des petits anneaux, des vagues, des ondes. Le claquement continuait et je me rendais compte que ça venait de la fenêtre, juste devant mon nez. Et le sol bougeait aussi. Il y avait un bruit de ma cafetière et c’était vraiment l’heure de me réveiller.
Si le voisin ne m’aurait pas dit ce matin là, qu’il y avait un petit tremblement de terre, je pense que j’aurais encore des doutes sur mon état psychologique.
Hier après-midi Marieke m’a téléphoné pour me demander si j’avais senti le tremblement de terre. Apparemment ça bougeait pour des bons 40 secondes. Mais à cette heure j’étais juste en moto. Vu les trous dans les routes, ça devrait être un tremblement de terre plus que très fort pour pouvoir le sentir en conduisant.
Un peu près une heure plus tard j’ai vu sur le site du Tages Anzeiger qu’il y avait un tremblement de terre devant la côte du Guatemala. Par chance ça venait d’une grande profondeur, si non, vu la force, il y avait un grand risque de gros dégâts. Ici il y a deux mots pour tremblement de terre : temblor = pipi-de-chat et terremoto = touchons du bois. La force était de 5,4 sur l'échelle de Richter et il y en a une dizaine par an.
Heureusement il n’y avait pas de victimes et très peu de dégâts.

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